Jean-Marie Bourre
 
Chercheur à l'Inserm
Nutritionniste

Ce spécialiste de la nutrition est partisan de la viande, et de sa cuisson. (...) Mais surtout, le docteur Bourre s'en prends ... vertement à la secte des végétariens, qu'il traiterait volontiers de pauvres idiots. Car "il est évident que les produits animaux constituent les principales souces vitaminiques". Pour l'indispensable vitamine B12, "ils en sont même la source presque exclusive": C'est tout juste si on en trouve aussi (un peu) dans la bière artisanale - quand elle n'est pas filtrée...
En tout cas, constate le docteur Bourre, "les végétariens synthétisent moins d'albumine que les omnivores, ce qui constitue un signe de malnutrition". Et un bon tiers d'entre eux présentent une anémie patente.


De plus, contrairement à une légende qui considère les mangeurs de légumes comme de doux agneaux, "les exemples sont innombrables de végétariens sanguinaires (Hitler, le révolutionnaire Saint-Just, l'anrachiste Bonnot) et à l'inverse de doux pacifistes, carnivores acharnés". Ceci "sans compter le célèbre Paco Rabanne", lequel, malgré ses divagations apocalyptiques démenties par les faits, "s'auto-proclame sain d'esprit, sous prétexte qu'il a cessé de manger de la viande depuis vingt ans". On l'a compris : pour le docteur Jean-Marie Bourre la "steak option" est indissociable de notre nature humaine - seuls les singes ne mangent que des légumes. D'ailleurs contrairement à une autre légende, il est faux de croire que nous mangeons trop de viande. Car les 25 kilos de boeufs annuels qui nous sont statistiquement attribués par personne résultent d'une "unité bureaucratique, la TEC ou tonne-équivalent carcasse", laquelle "nous fait manger les os, les cornes, les sabots, la graisse et bien d'autres choses non comestibles".

Bref, pour Jean-Marie Bourre, nous ne mangeons pas trop de viande, voire pas tout à fait assez. La mode du végétarien, comme celle du poisson ou de la viande crue, est à la fois ridicule et nocive. Il n'y a pas de fer dans les épinards, en tout cas pas plus que dans les laitues ou les haricots verts. Et, en dépit de toutes nos terreurs (vache folle, listéria, pollutions diverses, etc.), le "risque de manger" n'a jamais été aussi faible : d'après les calculs de l'Inserm, le risque mortel n'apparaît statistiquement qu'après l' absorption de ...100 millions de repas. Qui pourrait se vanter d'avoir mangé autant de fois au cours de sa vie?

(Fabien Gruhier, "Steak option", le nouvel observateur, avril 2001)

Jean-Marie Bourre est Président du Comité Scientifique du CIC (Centre d'Information sur les Charcuteries)

 

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