Les procès d'animaux
 
(XVème siècle)

Nous pouvons observer trois catégories de procès. Il y avait d’abord les crimes des animaux domestiques individuels qui relevaient de la justice civile. Ensuite il y avait les délits commis par des groupes d’animaux, surtout perpétrés par des insectes ou des petits rongeurs et qui étaient jugés par l’Église. Enfin, il y avait les animaux accusés de complicité aux crimes de bestialité, donc à caractère sexuel, et qui étaient accompagnés de l’homme ou la femme ayant commis l’acte en question. Ce dernier genre de délit était souvent associé à la sorcellerie. (3)

< A Falaise, en 1386, une truie infanticide fut pendues : sous vêtements et masque humains ; elle portait des gants... comme son bourreau ! (1)


Les animaux "nocifs"

"De nombreux pauvres chats ont été jugés et livrés aux flammes, car on croyait qu'ils pouvaient être la métamorphoses de sorcières, ou de femmes vendues à Satan." (1)

1735, un âne fut arquebusé par sentence du magistrat de Clermont en Picardie pour avoir mordu sa nouvelle maîtresse. (1)

Les animaux "nuisibles"

Les premiers procès ont visé chenilles (1120), mouches (1121), serpents, anguilles (1225), certains s'éternisent : de 1545 à 1787 contre les cantharides de Saint Jean de Maurienne. Sur 61 cas, 34 vises les insectes (dont la moitié pour les seuls charançons); 9, les rongeurs; 5 les limaces; 3 les sangsues, etc.(...)
Les nuisibles recevaient avertissements et citation à comparaître, trois fois; en vain ! qu'importe ! Un avocat désigné pour ces coutumaces, faisait assaut d'arguments ou d'arguties avec celui des demandeurs. La solution était quasi immuable : le bannissement et l'exil. (1)

1587 : les habitants du villages de Saint -Julien intentent auprès du juge épiscopal de Saint-Jean-de-Maurienne un procès contre une colonie de charançons. Ces "amblevins" ou "verpillons" ayant envahi les vignobles où ils causent des dégâts considérables, les paysans demandent à leurs syndics de rédiger en leur nom une requête adressée au 'révérend seigneur vicaire général et official de l'évêché de Maurienne' qu'ils supplient de bien vouloir leur prescrire les mesures convenables à apaiser la colère divine et de procéder dans les règles, 'par voie d'excommunication ou toute autre censure appropriée' à l'expulsion définitive des bestioles. (2)

(1 - Les procès d'animaux - Michel Rousseau in Histoire et animal)
(2 - Le Nouvel ordre écologique - Luc Ferry)
(3 - les procès d'animaux au Moyen Age - Nathalie Lavictoire - Université du Québec à Montréal)


Cliquez ici si le menu de gauche n'apparaît pas

-