"Leur éthique leur commandait de ne pas faire de mal à l'animal. Lors du jugement dans l'au-delà, là où les dieux soupèsent le coeur des morts avec la vérité en contrepoids, le comportement de l'homme qui est mis sur le plateau de la balance n'est pas jugé seulement sur le rapport à la nature. Le défunt confesse son adhésion à l'idéal éthique ni par des principes abstraits, ni par une abondance causistique, mais plutôt par des normes exemplaires; il prononce cette parole : "Je n'ai arraché ni fourrage, ni herbes de la gueule du bétail", et plus loin : "Je n'ai maltraité aucune bête."

Tout manquement à la considération due aux animaux comme créatures était considéré comme péché. En conséquence, l'éthique égyptienne accorde à l'animal le droit d'accuser l'être humain. D'après une inscription trouvée sur une pyramide, le roi défunt est acquitté avec le jugement suivant : "Il n'y a aucune plainte d'un vivant contre N., / il n'y a aucune plainte d'un défunt contre N./ il n'y a aucune plainte d'une oie contre N. / il n'y aucune plainte d'un boeuf contre N.". L'oie et le boeuf interviennent comme représentants du règne animal. Ce jugement se trouve dans les pyramides de Una (Vè dynastie, vers 2300av. JC) jusqu'à Pepi II (VIè dynastie, vers 2200 av JC)."
(E.Brunner-Traut in de l'immortalité des animaux - E.Drewermann)
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