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Nous
trouvons pour la première fois l'attribution d'une valeur
à l'âme des bêtes dans l'Orphisme, mouvement
ésotérique et religieux qui aura une remarquable influence
sur la pensée occidentale. Avec l'Orphisme, nous assistons
à l'introduction d'une nouvelle conception de la vie, surtout
pour deux idées fondamentales, celle du caractère
divin de l'âme et celle de la métempsychose. Le passage
des âmes de corps à corps, dû à une faute
originaire (et sans arrêt jusqu'à la purification)
prévoit leur passage à travers le corps d'animaux
jusqu'au moment où devenues immortelles par la susdite purification,
elles deviendront un tout avec Dieu.
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Tout cela suppose la nette distinction de l'âme et du corps. Le corps est la prison de l'âme divine tant humaine qu'animale.
"On nous dit qu'ailleurs il fut un temps
où nous n'osions même pas manger de boeuf, où
l'on n'offrait pas aux dieux de sacrifice d'êtres vivants,
mais des gâteaux ou des fruits trempés dans le miel
et d'autres sacrifices "purs" comme ceux-là, où
l'on s'abstenait de viande, dans l'idée qu'il était
impie d'en manger ou de souiller de sang les autels des dieux :
la vie dite orphique était celle de l'humanité d'alors,
qui se rejetait sur tout ce qui n'est pas vie et s'abstenait, au
contraire, de tout ce qui a vie." (Lois
- Platon)
Caractère
unique de l'âme, tant des hommes que des bêtes, bien
qu'un destin différent l'attende. Celle des humains, une
fois purifiée, se rejoindra au divin, d'où elle provient.
Ces nobles convictions conduisaient l'homme orphique à respecter
tout être animal porteur, pour le fait de vivre, d'une âme
immortelle.
"Conduisant une sainte vie (...),
je m'abstiens de manger des mets dans lesquels il y eu de la vie".
(Crétoise
- Eurypide)
(L'âme
des bêtes dans la pensée occidentale depuis l'Antiquité
jusqu'au siècle des Lumières - Erminio Caprotti)
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