 |
"Je
mettrais bien en question si les hommes ont gagné à
la coutume de manger de la chair des animaux, au lieu de se nourrir
de leur lait et des fruits de la terre. Je suis persuadé
que la santé des hommes en a diminué. La viande a
eu besoin d'être apprêtée ; il a fallu augmenter
la salure et les ragoûts, d'ailleurs il faut que les pâturages
s'emploient à nourrir des animaux qui doivent ensuite nourrir
l'homme. Or, si l'homme se nourrissait du fruit de la terre, de
la première main, le même pays nourrirait beaucoup
plus d'hommes (...). Le grand nombre de gens
qu'il y a à la Chine ne vient que de ce que la plupart du
peuple y vit de riz ; ce qui fait qu'un champ peut nourrir un très
grand nombre d'hommes."
("Mes Pensées" - III - Montesquieu - Hygiène
et Médecine 709) |