Jean-Marc Montegnies
 
Porte parole
d'Animaux en Péril

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Discours prononcé à l'occasion de la Marche Européenne des Droits des Animaux, à Paris, le 24 mai 2003.


Cher amis, permettez-moi tout d’abord de vous remercier au nom de tous les militants d’Animaux en Péril pour l’accueil chaleureux que vous nous avez, comme d’habitude, réservé.

L’année dernière, ici même, je me permettais de fustiger l’attitude politique de la France en matière de bien-être animal.

Ce que je ne peux que confirmer aujourd’hui.

Votre patrie, très prétentieusement auto-proclamée terre des droits de l’homme (ce dont on peut effectivement douter), est en effet, probablement ex æquo avec l’Espagne, le plus mauvais élève de l’union européenne en matière de droits des animaux.

Et pourtant Dieu sait si vous avez, à l’instar de One Voice et de leurs amis, de courageuses associations qui militent avec force et détermination.
Mais vos politiques semblent sourds…

Nous, Belges, doit-on pour autant pavoiser ?
Sûrement pas.
Si notre loi sur la protection animale est une des moins mauvaises d’Europe, Il nous faut de reconnaître qu’elle est non appliquée et sans cesse bafouée en toute impunité.

Depuis longtemps déjà, les institutions belges sont à la ruine, Notre justice s’effrite et nos politiques préfèrent, comme les vôtres, jouer les Zorros sur le terrain international.
Ne dit-on pas qu’il est plus facile de voir la paille dans l’oeil du voisin que la poutre dans le sien ?

Dans ce contexte, j’ose m’aventurer dans cette réflexion :

À l’heure où l’animal est relégué au statut de produit de consommation est n’est plus pour beaucoup, qu’une simple denrée…

À l’heure où des milliards d’êtres vivants vivent l’enfer au quotidien dans les camps de concentration de la bio-industrie…

À l’heure où nos industries pharmaceutiques, responsables du martyr de millions d’animaux de laboratoires, nous leurrent au point d’anesthésier la conscience collective qui continue naïvement à croire que l’objectif des scientifiques est de sauver l’humanité…

À l’heure où ces mêmes fabricants de cancers sont en passe de monopoliser le monde de la production agricole pour nous empoisonner un peu plus et encore vendre un peu mieux leurs antidotes…

…………………………………………le compte à rebours est déclenché


Dans cette société, du tout à l’humain, ne perdons pas de vue que nous sommes plus de six milliards d’individus.
Nous serons le double dans moins de 50 ans.
Soit 12 milliards, non pas d’individus mais de…. Consommateurs !

Faudra-t-il attendre que nous vivions les uns sur les autres tout en nous mangeant entre-nous pour se rendre compte que allons droit dans le mur.

Va t-on percevoir à temps que l’avenir de l’homme est lié à son environnement.

L’amélioration des conditions de vie des animaux est, de manière inéluctable, inversement proportionnelle au développement de l’homme.

La solution ne passera dés lors que par une prise de conscience collective et par l’acceptation pour nous tous de virerà 180 degrés.
Car l’heure n’est plus au militantisme en faveur d’un développement durable…

Mais plutôt d’un radical non-développement !

Mon propos paraîtra excessif à certains, pourtant voici ce que Romain Gary écrivait dans sa lettre à l’éléphant en 1968 :

"Il n’est pas douteux que votre disparition signifiera le commencement d’un monde entièrement fait pour l’homme.

Mais laissez-moi vous dire ceci, mon vieil ami, dans un monde entièrement fait pour l’homme, il se pourrait bien qu’il n’y ait pas non plus de place pour l’homme.

C’est ainsi, monsieur l’éléphant, que nous nous trouvons, vous et moi, sur le même bateau, poussés vers l’oubli par le même vent puissant du rationalisme absolu.

Dans une société vraiment matérialiste et réaliste, poètes, écrivains, artistes, rêveurs et éléphants ne sont plus que des gêneurs."

Dans ce contexte, notre militantisme en faveur de la cause animale s’apparentera de plus en plus à de la résistance.

Et comme l’histoire nous a déjà prouvé qu’elle pouvait porter ses fruits, continuons le combat même si de toute évidence nous sommes les derniers utopistes de ce monde.

Merci.

 

www.animauxenperil.be

 

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