"Nous
savons que la carence en protéines, tout particulièrement
dans l'alimentation des enfants de moins de 3 ans, crée des
atrophies cérébrales irréversibles qu'une nutrition
convenable est incapable de réparer. Or une évolution
récente dans les pays industrialisés aggrave grandement
la situation alimentaire mondiale et tout particulièrement,
le bilan en protéines disponibles pour le tiers monde. Je
veux parler de l'extension de l'élevage industriel en batterie
des animaux domestiques qui absorbe une proportion de plus en plus
grande de la production mondiale de céréales, et surtout
de céréales riches en protéines comme le soja
(...). Sur les 1200 millions de tonnes de
céréales produites annuellement dans le monde, 400
millions servent à l'alimentation du bétail des riches,
alors que consommées directement, elles pourraient nourrir
un milliard et demi d'êtres humains. il faut en effet entre
5 et 20 Kg de protéines végétales pour fabriquer
un kilo de protéines animales (...).Cette
évolution n'est pas uniquement préjudiciable aux habitants
du tiers monde. C'est une alimentation carnée trop riche
qu'il faut attribuer, à en croire les cardiologues, la multiplication
spectaculaire au cours des dernières années, des accidents
cardiaques, dans les milieux aisés des pays industrialisés
(...).
L'unicité
du code génétique nous apprend que, biologiquement,
l'animal est notre frère, que l'homme a émergé
du règne animal. Mais juridiquement, cette parenté
n'est pas reconnue. la reconnaissance du droit de l'animal doit
être un extension naturelle du droit de l'homme. La souffrance
de l'homme, et tout particulièrement de l'enfant du tiers
monde, est liée directement à la souffrance de l'animal."
(Souffrance
humaine, souffrance animale : la question de l'élevage industriel
par Alfred Kastler in "Les droits de l'animal aujourd'hui"
textes réunis par J.C Nouët et Georges Chapoutier -
Panoramique 1997)
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